
Cette fois dans l'avion, il y a peu eu de problèmes entre les toulousains et les parisiens. Faut dire que pour une fois, les deux se sont fait éliminer en demi-finale, du coup les habituels concours de bites n'avaient plus trop leur place. Le seul qui posait soucis, c'était Matthieu Bastareaud. On avait oublié son traitement et du coup on a dû l'enchaîner à son siège et lui poser une espèce de masque comme Hannibal Lecter pour pas qu'il agresse les toulousains. Ca les faisaient bien rire d'ailleurs. Heymans s'est avancé vers lui pour le narguer: "On risque quoi si on le détache ? Il va faire un truc fou, complètement imprévisible... une passe peut être ?". Tout le monde a rigolé. Moi, ça m'a fait penser à Floriant Fritz, qui n'était pas avec nous comme vous le savez. Problème de passeport. J'ai imaginé Fritz faire la queue à la mairie pour avoir ses nouveaux papiers. Si ça fini pas en coup de boule ça...
On était parti pour 23h de vol. Chacun avait emmené de quoi s'occuper. Moi c'était le numéro de Rugby Attitude dont je faisais la une: beau gosse, classe, bien habillé, français quoi. Je ne sais pas pourquoi, mais Retieres m'a dit que parfois, je lui faisais penser à OSS117. Je l'ai bien pris, Jean Dujardin, c'est un beau gosse lui aussi. Je m'étais dit qu'un petit vol d'avion entre mecs c'était aussi l'occasion de chanter quelques chansons paillardes bien du terroir, histoire de souder des liens entre nous. Mais on a pas pu à cause de Julien Dupuy. Ce con là avait ramené sa petite amie avec lui, du coup on était un peu gênés pour chanter la chanson du curé qui a les couilles qui pendent. Il peut pas vivre sans on dirait. Mais je me suis rendu compte que c'était vraiment une idée de merde quand Dimitri Yachvili a commencé à la draguer, notamment en lui proposant de passer une main dans ses cheveux soyeux lavés avec petrol-han. Effectivement, la concurrence entre Yach et Dupuy fait toujours rage même un an après. Quand Yachvili a demandé un verre d'eau à l'hôtesse de l'air et que Dupuy a surenchéri en lui demandant deux verres d'eau, ça a commencé à prendre une tournure de plus en plus ridicule.
Heureusement Dusautoir est intervenu et leur a demandé d'arrêter les gamineries. Dusautoir, il est dans la vie comme sur le terrain. Tout à l'heure pendant le décollage, les hôtesses nous ont bien demandé de rester assis et d'attacher nos ceintures. Maxime Médard a eu le malheur de se lever à ce moment là pour aller récupérer son Ipod qu'il avait prêté à Clerc, et Titi a bondit comme un guépard pour le plaquer et le clouer à son fauteuil. Le plus étonnant dans l'affaire, c'était que Médard était au moins 7 rangs devant dans l'avion. Quand j'ai demandé à Thierry s'il ne prenait pas deux minutes pour se détendre parfois, il m'a répondu que c'est pas avec une attitude aussi désinvolte qu'il réussirait à nouveau à plaquer 30 All Blacks pendant la Tournée. Là je me suis dit que si un jour, quelqu'un pouvait plaquer Chuck Norris sur un terrain de rugby, ça ne pourrait être que Thierry Dusautoir.
Malheureusement tout le monde n'était pas aussi consciencieux que lui dans le groupe. A commencer par Cedric Heymans. Quand je l'ai vu, mal rasé, les cheveux en bataille, le regard vide, je me suis demandé de quoi il aurait l'air une fois qu'il aura à subir les effets du décalage horraire. J'ai frissonné. Déjà qu'on devait se taper la tête de Retieres au réveil, faut pas pousser. M'enfin vous me direz, c'est pas pire que Sebastien Chabal. Des fois à Marcoussis, j'ai l'impression de croiser "Cousin Machin" de la Famille Adams dans les couloirs. Heymans est de mieux en mieux parti pour décrocher le rôle de Morticia, il manquait plus que la main baladeuse et c'était parfait en fait. N'Tamack m'a fait remarquer qu'avec Beauxis et Traille on avait un peu l'équivalent en pied, vu que le reste de leurs corps servait à rien. Beauxis d'ailleurs, il était assis tout seul au fond de l'avion et il me faisait un peu de la peine. Mais au moins on le laissait tranquille. Alors que les montpelliérens étaient de vrais souffre douleurs. La moindre petite chose était un prétexte pour se moquer. "Tu me passes le sel ? Tu penses que tu y arriveras d'ici trois ans ?" Etc. Quand c'étaient les parisiens, au moins ils pouvaient répondre "je te le passerais quand vous aurez gagné la H-Cup" mais contre les toulousains c'était plus dur d'avoir une bonne répartie. C'est sans doute ça qui a motivé Picamoles pour signer à Toulouse. Un peu comme ces élèves intellos qui arrêtent de faire leur devoir de maths et se mettent à se battre dans la cour d'école parce qu'ils en ont marre d'être des victimes. Tiens d'ailleurs, je me demandais pourquoi je l'avais pris lui. Ah oui, parce que j'aime pas Elvis Vermeulen. Il ressemble un peu trop à Daniel Craig, du coup je le soupçonne d'être un espion du XV de la Rose.
Mais le moment où ça a vraiment mal tourné, c'est quand Szarzewski a voulu nous présenter le nouveau maillot du Stade Français. Un maillot avec des éclairs, qui se croisent en plus, alors qu'on était entrain de prendre l'avion, c'est assez mal passé. A ce moment là je crois qu'on s'est tous rappelé de cette histoire de rugbymens uruguyens qui sont devenus cannibales après avoir survécu à un crash d'avion. Bizarrement, Chabal était le seul à sourire. Heureusement Dusautoir a fini par faire ce qu'il avait à faire et a tout simplement plaqué Dimitri au sol, lui ordonnant de ranger son machin dans son sac.
Je crois que je tiens mon capitaine.
Bizarre! J'aurais cru que pour plaquer Dimitri le premier à se lancer ce aurait été Martin...
RépondreSupprimer(je demande pardon pour mon français)
Excellent
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