dimanche 21 juin 2009

Essai d'anthologie, bagarre & vidéos


On va encore me reprocher de jouer au monsieur-je-sais-tout, mais j'avais bien remarqué que le comportement de Cédric avait changé depuis quelques jours. Au début de notre séjour, il déambulait dans les couloirs de l'hôtel avec une capuche sur la tête et son lecteur MP3, les yeux rouges, il se rasait plus et ne se coiffait plus - je veux dire, encore moins que d'habitude. Même Thomas Domingo, qui venait de vivre sa 3ème finale de Top 14 perdue en 3 ans de carrière pro, avait l'air plus heureux. Mais petit à petit, il y a eu du mieux: il ouvrait les volets de sa chambre, parlait à ses coéquipiers aux entraînements, il devenait plus souriant aussi. L'autre jour, je l'ai croisé dans les couloirs, toujours avec son baladeur MP3, sauf qu'il chantonnait ça:

Depuis qu'j'vois plus Novès,
J'ai d'la conversation
Je suis plus tout seul dans mon coin
A flipper comme un con

Depuis que j'vois plus Novès,
Je me sens libre
Comme Patrick Poivre d'Arvor
Je pense plus au banc
Et à Kunavore...

Maintenant, j'aurais pas pensé non plus qu'il serait capable de faire un numéro pareil samedi. Surtout que je le pensais mort après le coup de tête de Nonu. Cette année, il avait réussi qu'une seule fois et c'était contre Bayonne, alors avant de mettre Muliaina et Rokocoko sur le cul y'avait du chemin. Malheureusement, Vincent Clerc a pris la relève dans le domaine de la médiocrité pour rétablir une certaine forme d'équilibre. Equilibré, voilà le bilan de ces deux test. En bons français, on était censés gagner de 5 points ou perdre de 30, et finalement on a réussi à taper le juste milieu, ni excellent, ni mauvais. Ca pourrait presque être un progrès. La mer est calme à tous les niveaux : Trinh-Duc, comme d'hab, a joué dans les jupes de Damien Traille, qui endosse à la perfection le rôle de l'homme à tout faire et du martyr de l'équipe qu'a popularisé Jauzion. Mermoz a été relativement transparent, comme lors de ses premières sélections, mais bon, de toute façon Mermoz j'y crois pas trop. Je le prends juste pour narguer Guy Novès, comme Baby la dernière fois. Remarquez, Bastareaud j'y crois pas non plus, prendre un bourrin pareil là c'est pour emmerder les journalistes qui aiment me caricaturer en extrêmiste du jeu à la main.

Puisqu'on parle de Basta, je suppose que je ne vais pas pouvoir éviter d'évoquer ici l'affaire du week end. Bon, ce blog reste assez confidentiel, alors je peux ici raconter la vérité. Et elle n'est pas jolie jolie. En fait, Matthieu n'a pas été agressé par 5 hommes. Mais par 29: l'équipe de France au grand complet... justement parce qu'il était entrain de réduire en bouillie 5 pauvres supporters néo-zélandais qui lui avaient conseillé de faire un régime alors qu'il rejoignait son taxi avec une barbapapa de la taille de la coupe afro de Finau Maka à la main. On a essayé de les séparer, mais maîtriser un animal comme ça, ça se fait pas en douceur. D'ailleurs, ne vous étonnez pas des probables forfaits de Domingo et Picamoles, j'ai bien peur qu'ils aient pris quelques coups perdus dans cette baston digne des meilleures cases d'Asterix. On a finalement réussi à l'assommer, et je soupçonne Florian Fritz de s'être un peu lâché sur lui d'ailleurs. De toute façon, ces deux là dans le même groupe je l'ai toujours mal senti, au premier entraînement en commun ils s'étaient reniflés puis grognés dessus en plein milieu du terrain. La dernière fois que j'avais vu une situation semblable, c'était au Stade Français en 1998, quand Moscato avait fait la rencontre de Franck Tournaire à l'occasion d'un match contre Toulouse. Je suppose que cela représente bien l'évolution du rugby: maintenant même les trois quarts sont des fous dangereux.

A propos de tarés, la semaine prochaine marquera ma confrontation avec Robbie 'Dingo' Deans, l'homme assez fou pour vouloir faire jouer la ligne de trois quarts australienne comme celles des Canterbury Crusaders. On ne peut pas dire qu'ils aient fait une énorme impression lors de deux test contre les italiens et en novembre dernier, si je n'avais pas pris le Stephen Donald français pour faire plaisir à Jean Claude Skrela, on aurait pu les battre. Logiquement, ce sera quand même une opposition plus solide que ces Blacks là. Je prends donc le match au sérieux et j'ai décidé d'imposer de longues séquences vidéos aux joueurs pour travailler le match à fond. Les séquences vidéos, vous pensez que c'est marrant, un peu comme les "palettes" dans les spécialistes rugby, mais en fait non. Déjà, à nous trois on maîtrise à peine le logiciel paint, alors pour les petites images et les schéma en 3D c'est même pas la peine. Et puis de toute façon, les joueurs en ont rien à faire. Le seul qui suit, c'est Thierry Dusautoir. Et sans jamais cligner des cils. Hier, alors que je montrais la vidéo d'une percée de Mortlock lors du dernier Tri-Nations, il s'est levé et a essayé de plaquer l'écran. Des fois je me demande si Thierry Dusautoir n'est pas un Terminator envoyé du futur pour nous faire gagner la Coupe du Monde 2011. Il parait que chez les australiens il y a un gamin de 18 ans qui s'appelle O'Connor, vu son nom j'aimerais pas être à sa place samedi prochain...

3 commentaires:

  1. Dusautoir et O'Connor, fallait la trouver celle-ci !

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  2. Ta version de l'affaire Bastareaud est très intéressant...

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