vendredi 5 juin 2009

A bove ante, ab asino retro, a stulto undique caveto


J'ai toujours voulu titrer un de mes billets avec une phrase latine. Comment ça pète trop. Vous avez vu mon profil romain en plus, sur cette photo ? On dirait Jules César. Classe. Pour le sens, je vous laisse vous débrouiller par contre.

Parlons plutôt de nos premiers jours sur le sol néo-zéldandais. La principale difficulté d'une tournée, c'est de trouver des automatismes entre les joueurs, pour être prêt le plus vite possible. Avant, on avait une bonne combine: on mettait tous les trois quarts du Stade Toulousain. Heymans et Clerc se trouvaient sur le terrain les yeux fermés, Jauzion lançait Fritz dans les intervalles, Fritz lançait son poing dans le centre adverse. Tout coulait de source. Mais Guy Novès ne pouvait pas s'empêcher d'emmerder l'équipe de France, cette saison il nous a pondu un jeu indigent et je suis obligé de me débrouiller tout seul...

Fallait voir l'état dans lequel ils sont arrivés en plus. Premier jour, on a fait quelques petits test physiques. Quand Bastareaud a battu Heymans sur 100m, j'ai vraiment eu peur pour le déroulement de la Tournée. Basta-Rocket, fier de lui, lui a balancé "Mouais, on peut pas naturaliser Kunavore plutôt ? Parce que là...". Ca a failli finir en bagarre, mais après environ 7 secondes de course-poursuite, ils se sont effondrés tous les deux. Vincent Clerc n'a pas tellement fait mieux. Il avait profité de sa longue blessure pour bosser le haut du corps... en gros, ça donnait un mec avec le torse et les bras de Nalaga et les jambes de Shane Williams. N'en déplaise aux Dr Frankenstein en herbe, faire fusionner génétiquement deux des meilleurs ailiers du monde n'était pas un gage de réussite. Heureusement il restait Médard, plutôt en forme lui. A ce moment là, N'Tamack m'a donné un petit coup de coude et m'a demandé "Pourquoi est-ce que Maxime Médard n'est pas un italien ? Parce qu'il plonge pas..." moi je lui ai rétorqué : "Et pourquoi il aura jamais d'enfants ? Parce qu'il supporte pas les poussettes...". On s'est bien marrés. Mais je crois qu'il nous a entendu, et il s'est mis à bouder. J'ai voulu le consoler, et je lui ai dit que ça arrivait à tout le monde et qu'on pouvait toujours rebondir après, il avait qu'à demander à Poitrenaud. Sauf que j'avais oublié que je n'avais pas pris Poitrenaud, et ça l'a pas tellement rassuré du coup.

L'autre bourde c'est quand j'ai voulu la jouer démocratie participative à propos du repas du soir. Servat a proposé une pizza, et tout le monde s'est retourné vers Szarzewski. Lui aussi s'est mis à bouder, il s'est enfermé dans la salle de bain pendant 2h pour se recoiffer. Du coup Remy Martin, qui partageait sa chambre, n'avait plus accès à sa teinture. On a frôlé l'incident diplomatique. C'est quoi cette génération obsédée par l'apparence physique ? J'étais pas comme ça, moi. De toute façon maintenant on peut plus rien dire, à peine un petit tacle dans la presse que tout le monde se scandalise. C'est pas comme si Bernard Laporte nous avait pas habitué...

La presse d'ailleurs, elle me laisse tranquille pour l'instant. Ils sont plus occupés par la finale et le marronnier habituel sur le transfert de Michalak. Faudra leur dire que quand on annonce un joueur dans 8 clubs différents c'est plus un transfert, mais plutôt une tournée mondiale. En tout cas, j'en profite pour bosser sereinement. Les All Blacks sans Carter et McCaw, ça devrait être fastoche. Pour les Wallabies, un gros monsieur avec qui j'ai parlé l'autre jour à l'aéroport m'a proposé son aide, je me souviens plus de son nom. Il m'a dit qu'il était australien et qu'il entraînait le Stade Français mais je suis pas con, je sais bien que c'est Dominici. Bref, on verra bien.

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