mardi 27 octobre 2009

Remaniement d'équipe.

Le blog de Marc Lièvremont est désormais hebergé sur un nouveau site. Toutes les archives de ce blog sont consultables là bas, et bien sur, de nouveaux billets paraissent régulièrement... terminus annoncé, la Coupe du Monde 2011 en Nouvelle-Zélande.

http://frenchlair.boucherie-ovalie.com/


Et pour tout le reste, pensez également à visitez :

http://boucherie-ovalie.com/

samedi 27 juin 2009

Wanna be starting something


Et bien voilà, notre tournée fondatrice dans l'Hémisphère-Sud, notre base de lancement pour 2011 s'est finalement terminée sur une note un brin amère. Une défaite contre des Blacks pas brillants, une bombe médiatique et une sèche défaite contre l'Australie...

Pour l'affaire Basta, vous saviez la vérité depuis un moment ici. Et sa couverture n'aura pas tenue bien longtemps. Il faut dire que paniqué au lendemain de l'incident, son premier réflexe a été d'appeler son coéquipier Rodrigo Roncero pour lui demander conseil. Avec son jeu d'acteur qui lui permettra sans doute une reconversion dans Plus Belle la Vie dans quelques années, et sa manie pour se faire griller par les caméras sur le terrain, on ne pouvait que prédire le pire. Le coup de la table, Roncero avait déjà essayé de le faire en match, en disant à l'arbitre que l'oeil au beurre noir de son adversaire toulousain était dû à un choc de ce dernier contre un des poteaux. Par chance, le joueur en question était Florian Fritz et l'idée qu'il fonce tête la première contre les poteaux était relativement crédible, alors c'est passé. Pas deux fois. En tout cas les conséquences de l'affaire n'ont pas tardée à se faire ressentir sur le terrain au vu de l'arbitrage du match contre les Wallabies. Avant on avait mauvaise réputation, maintenant on a carrément une cible accrochée sur le dos. Bon après, on est pas exempt de tout reproches non plus. C'est vrai que quand on veut envoyer du jeu, mettre une charnière Yachvili-Beauxis c'était peut être pas l'idée du siècle. En fait c'est un peu comme le remaniement ministériel, y'a eu une sorte de décalage entre les ambitions affichées et les hommes sur le terrain... en plus, Beauxis a encore réussi à se casser. A se blesser je veux dire, car il était bien sur le terrain même si ça ne parait pas évident à première vue. Je commence vraiment à en avoir marre du Stade Français, d'ailleurs. Je sais pas si le stade Jean Bouin a été construit sur un ancien cimetierre indien ou si Guazzini en veut à la France mais quand même... Beauxis, Jeanjean, Burban, Coreia, Semperé... tous niqués... et pendant ce temps on porte les Hernandez, Pichot, Corleto, Roncero et autres Leguizamon au haut niveau. Peut être que pour Max, le travail de toute une vie était de faire perdre la France en match d'ouverture de la Coupe du Monde 2007 contre l'Argentine. Maintenant qu'il a réussi, s'il pouvait se calmer un peu, ce serait pas mal.

Et toujours à propos du Stade Français, son coach australien qui a voulu me donner quelques conseils pour battre les Wallabies... comment il s'appelle déjà ? Ewan McGregor, quelque chose comme ça... on peut pas dire qu'il m'ait été très utile. Il m'a expliqué que Robbie Deans, entraîneur néo-zélandais, essayait de dénaturer l'identité et la beauté du jeu australien en forçant les joueurs à se faire des passes et à jouer au large, et que pour les contrer, l'idéal était de monter des chandelles. Il est bien gentil mais à part en France, je crois que tout le monde sait rattraper les chandelles. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai mis Damien Traille arrière aujourd'hui, c'est le seul qui sait le faire chez nous. De toute façon, Damien je le met n'importe où et il est bon. L'autre jour, je supposais à Emile N'Tamack d'autoriser le clonage de joueurs et de composer une ligne arrière entière avec Traille. Il m'a répondu que si on le fait, les australiens feront pareil avec Giteau, les néo-zélandais avec Carter, les irlandais avec O'Driscoll, etc. Là j'ai compris que même la science ne pourrait pas nous venir en aide. Autant essayer de comprendre un bouquin sur la tactique rédigé par Pierre Villepreux.

Enfin bon, on a quand même deux trois bons mecs. Ce qui manque c'est la charnière. En 9 y'a trop de choix alors je sais pas quoi mettre, et en 10 y'a aucun choix et je sais pas quoi mettre. Vous inquiétez pas, j'y crois encore en mon Françou. C'est mon Michalak à moi, parfois génial, souvent mauvais, jeune et les cheveux dans le vent, c'est mon James Dean quoi. Je sais qu'on va dans le mur avec lui, mais bon on a de bonnes chances d'y foncer de toute manière alors autant y aller en Porsche. Beauxis lui c'est ma caution écolo: lent et silencieux, c'est plutôt une voiture électrique. Mais j'aime bien Beauxis aussi, hein. Parce qu'il ressemble à l'élève timide et persécuté par ses camarades de classe dans les films, mais qui un jour s'énerve, devient un vraie bête et démonte tout le monde dans la cour de recré. Bon, on attend juste le déclic. Il a déjà joué en rose fluo puis avec le visage de Ségolène Royal version Wharol sur la poitrine, il s'est fait prendre de vitesse par Yannick Jauzion - ce qui peut être vexant à moins de jouer pilier - et enfin il s'est fait piquer sa place en club par un joueur de beach soccer argentin et par le fils boiteux de Jean Claude Skrela... encore une petite humiliation ou deux et Bruce Banner se transformera en Hulk. Peut être que la bonne viendra de l'issue de son tant attendu mano a mano avec Johnny Wilkinson l'année prochaine en Top 14. Je ne parle pas du classement des meilleurs buteurs, mais bien de la compétition officieuse du joueur qui passera le plus de temps à l'infirmerie de la saison.

Que retenir de cette tournée alors ? La performance des All Blacks contre l'Italie minimise encore plus le résultat du 1er test. Alors on est toujours au point de départ, il n'y a rien à retenir de cet épisode ? Est-ce que comme le dirait Matthieu Bastareaud, il faut faire table basse du passé ? N'oublions pas quand même qu'il y a quelques semaines, remporter une seule victoire était l'objectif affiché et que ça faisait rigoler tout le monde. A part ça, au niveau du jeu, deux trois éclairs et pas grand chose. Pour le spectacle, fallait mieux regarder les matchs de l'Afrique du Sud contre les Lions britanniques. Je suppose qu'on en saura un peu plus à l'automne prochain. En attendant ça, je laisse ce blog en suspend. Je viendrai peut être vous faire coucou si j'ai des choses à dire. (par exemple descendre les joueurs de cette tournée dans la presse. j'ai déjà préparé les SMS d'excuses)

dimanche 21 juin 2009

Essai d'anthologie, bagarre & vidéos


On va encore me reprocher de jouer au monsieur-je-sais-tout, mais j'avais bien remarqué que le comportement de Cédric avait changé depuis quelques jours. Au début de notre séjour, il déambulait dans les couloirs de l'hôtel avec une capuche sur la tête et son lecteur MP3, les yeux rouges, il se rasait plus et ne se coiffait plus - je veux dire, encore moins que d'habitude. Même Thomas Domingo, qui venait de vivre sa 3ème finale de Top 14 perdue en 3 ans de carrière pro, avait l'air plus heureux. Mais petit à petit, il y a eu du mieux: il ouvrait les volets de sa chambre, parlait à ses coéquipiers aux entraînements, il devenait plus souriant aussi. L'autre jour, je l'ai croisé dans les couloirs, toujours avec son baladeur MP3, sauf qu'il chantonnait ça:

Depuis qu'j'vois plus Novès,
J'ai d'la conversation
Je suis plus tout seul dans mon coin
A flipper comme un con

Depuis que j'vois plus Novès,
Je me sens libre
Comme Patrick Poivre d'Arvor
Je pense plus au banc
Et à Kunavore...

Maintenant, j'aurais pas pensé non plus qu'il serait capable de faire un numéro pareil samedi. Surtout que je le pensais mort après le coup de tête de Nonu. Cette année, il avait réussi qu'une seule fois et c'était contre Bayonne, alors avant de mettre Muliaina et Rokocoko sur le cul y'avait du chemin. Malheureusement, Vincent Clerc a pris la relève dans le domaine de la médiocrité pour rétablir une certaine forme d'équilibre. Equilibré, voilà le bilan de ces deux test. En bons français, on était censés gagner de 5 points ou perdre de 30, et finalement on a réussi à taper le juste milieu, ni excellent, ni mauvais. Ca pourrait presque être un progrès. La mer est calme à tous les niveaux : Trinh-Duc, comme d'hab, a joué dans les jupes de Damien Traille, qui endosse à la perfection le rôle de l'homme à tout faire et du martyr de l'équipe qu'a popularisé Jauzion. Mermoz a été relativement transparent, comme lors de ses premières sélections, mais bon, de toute façon Mermoz j'y crois pas trop. Je le prends juste pour narguer Guy Novès, comme Baby la dernière fois. Remarquez, Bastareaud j'y crois pas non plus, prendre un bourrin pareil là c'est pour emmerder les journalistes qui aiment me caricaturer en extrêmiste du jeu à la main.

Puisqu'on parle de Basta, je suppose que je ne vais pas pouvoir éviter d'évoquer ici l'affaire du week end. Bon, ce blog reste assez confidentiel, alors je peux ici raconter la vérité. Et elle n'est pas jolie jolie. En fait, Matthieu n'a pas été agressé par 5 hommes. Mais par 29: l'équipe de France au grand complet... justement parce qu'il était entrain de réduire en bouillie 5 pauvres supporters néo-zélandais qui lui avaient conseillé de faire un régime alors qu'il rejoignait son taxi avec une barbapapa de la taille de la coupe afro de Finau Maka à la main. On a essayé de les séparer, mais maîtriser un animal comme ça, ça se fait pas en douceur. D'ailleurs, ne vous étonnez pas des probables forfaits de Domingo et Picamoles, j'ai bien peur qu'ils aient pris quelques coups perdus dans cette baston digne des meilleures cases d'Asterix. On a finalement réussi à l'assommer, et je soupçonne Florian Fritz de s'être un peu lâché sur lui d'ailleurs. De toute façon, ces deux là dans le même groupe je l'ai toujours mal senti, au premier entraînement en commun ils s'étaient reniflés puis grognés dessus en plein milieu du terrain. La dernière fois que j'avais vu une situation semblable, c'était au Stade Français en 1998, quand Moscato avait fait la rencontre de Franck Tournaire à l'occasion d'un match contre Toulouse. Je suppose que cela représente bien l'évolution du rugby: maintenant même les trois quarts sont des fous dangereux.

A propos de tarés, la semaine prochaine marquera ma confrontation avec Robbie 'Dingo' Deans, l'homme assez fou pour vouloir faire jouer la ligne de trois quarts australienne comme celles des Canterbury Crusaders. On ne peut pas dire qu'ils aient fait une énorme impression lors de deux test contre les italiens et en novembre dernier, si je n'avais pas pris le Stephen Donald français pour faire plaisir à Jean Claude Skrela, on aurait pu les battre. Logiquement, ce sera quand même une opposition plus solide que ces Blacks là. Je prends donc le match au sérieux et j'ai décidé d'imposer de longues séquences vidéos aux joueurs pour travailler le match à fond. Les séquences vidéos, vous pensez que c'est marrant, un peu comme les "palettes" dans les spécialistes rugby, mais en fait non. Déjà, à nous trois on maîtrise à peine le logiciel paint, alors pour les petites images et les schéma en 3D c'est même pas la peine. Et puis de toute façon, les joueurs en ont rien à faire. Le seul qui suit, c'est Thierry Dusautoir. Et sans jamais cligner des cils. Hier, alors que je montrais la vidéo d'une percée de Mortlock lors du dernier Tri-Nations, il s'est levé et a essayé de plaquer l'écran. Des fois je me demande si Thierry Dusautoir n'est pas un Terminator envoyé du futur pour nous faire gagner la Coupe du Monde 2011. Il parait que chez les australiens il y a un gamin de 18 ans qui s'appelle O'Connor, vu son nom j'aimerais pas être à sa place samedi prochain...

mardi 16 juin 2009

Cahiers de vacances #1



Certaines personnes se plaignent de l'absence de billet sur ce blog depuis le match de samedi. Bon ok, ce n'est pas vrai, mais je vais quand même vous expliquer pourquoi ce silence.

Tout simplement parce que nous sommes trop bons. On nous avait demandé une victoire dans cette Tournée, et ben voilà, c'est fait. La mission étant remplie, on aborde le reste des matchs sans pression. De toute façon y'a rien de particulier à bosser, le travail sera avant tout psychologique. Du coup j'ai pas grand chose à raconter. Il va falloir expliquer aux gars qu'ils ne sont pas encore champions du monde et qu'il ne faut pas se relâcher après ce beau résultat. D'accord, ça va être un peu dur, quand on se rappelle qu'il y a quelques mois les montpelliérains s'imaginaient bien champions de France après avoir battu Dax et Montauban... d'ailleurs, ils ont toujours le rôle de souffres douleurs du groupe ceux là. Au dernier entraînement, j'ai carrément halluciné quand j'ai vu que Beauxis, oui Lionel Beauxis, y était aussi allé de sa petite vanne avec Trinh-Duc: "Et pour réussir un coup de pied, t'attends 3 ans aussi ?". A croire qu'il était un peu énervé d'apprendre qu'il ne sera même pas sur le banc pour la deuxième semaine consécutive. Mais je l'avais annoncé, après ce premier succès nous avons l'ascendant psychologique sur les Blacks, maintenant nous allons nous montrer encore plus ambitieux, et jouer encore plus lors du second test. Pour mettre en place un tel plan de jeu, il me parassait primordial de mettre tous les joueurs du Stade Français sur le banc, c'est donc aussi pour ça que samedi Mas, Chabal et Mermoz joueront à la place de Marconnet, Papé et Bastareaud.

De plus, Bernardo a été un peu dur avec Françou. Pour s'améliorer, il s'entraîne quand même tous les jours avec notre ministre d'ouverture à nous, le coach du "yeu au pied" Gonzalo Quesada. Gonzalo a déjà réussi à faire de Parra un buteur correct, et il me semble que Médard a aussi progressé sur ce point. Comme quoi, y'a pas que des brêles dans notre staff. Mais Gonzalo est un perfectionniste, que dis-je, un artiste. Pour lui, Sson chef d'oeuvre serait d'appendre à Michalak comment jouer au pied. Comme j'avais pas envie de sélectionner le mannequin pour hamburger le plus célèbre de France, je lui ai sorti qu'il n'avait peut être pas encore la maturité nécéssaire dans son art, pour accomplir un projet si ambitieux, et qu'en attendant il pourrait se faire les dents sur Trinh-Duc. Bastareaud était à coté de moi quand je lui ai dis ça et il l'a pris pour lui. Ca aurait pu mal tourner mais Françou s'en est sorti comme un chef. Il avait déjà mis 5 All Blacks dans le vent samedi dernier, c'est pas Bastareaud qui allait lui faire peur quand même. Surtout que ce que vous ne savez peut être pas, c'est que Françou est un expert en arts martiaux. La preuve. Quand je vous dis qu'il a la classe ce garçon.

Bref, à part cet incident ça a été une semaine plutôt calme, sereine. Pour être honnête je me suis même un peu fait chier et je me suis donc dit que ce serait sympa d'aider le petit Palisson à finir le cahier de vacances que Patrick Sebastien lui avait offert pour préparer son entrée en classe de CM2 en septembre prochain. Seulement c'est toujours la même chose ces trucs là, ça parait facile mais quand on s'y met, c'est finalement loin d'être évident... je vous ai scanné un exercice sur lequel je bute. J'avais demandé de l'aide à Maso, histoire de lui trouver une utilité dans ce staff, mais il a pas su répondre et m'a dit que Benard Laporte lui aussi avait jamais rien compris à cet exercice. Je me demande pourquoi il m'a parlé de ça. Enfin bref, si vous voulez bien me le remplir et me l'envoyer par mail, je vous en serais bien reconnaissant.

samedi 13 juin 2009

Black hole sun

Voilà, je suis déjà rentré dans l'histoire. Mieux que Skrela, Villepreux et Laporte réunis. La première victoire française en Nouvelle-Zélande de l'ère professionnel. Si vous voulez retourner vos vestes, allez-y, mettez vous à l'aise, je vous laisse un petit espace entre la fin de ma phrase et le prochain paragraphe pour le faire.







C'est bon ?

Mais je l'annonce de suite, c'est pas la peine non plus de trop fanfaronner. Vous avez pu le constater en me lisant, je n'ai jamais, mais alors jamais douté de cette victoire. Pour d'autres dans le staff, c'est carrément la routine : c'est la 3ème pour N'Tamack, alors bon on est un peu blasés. Et finalement il y a plus important encore que la connotation historique: cette victoire, c'est LA victoire. Celle qu'on attendant, la fameuse victoire référence. Bon ok, on l'avait déjà dit après l'Irlande en 2007, après le Pays de Galles en 2009... on avait même réussi à se trouver une défaite fondatrice contre l'Australie, à domicile. Fallait oser. C'est pas dit que dans une semaine on se prenne 40 points par des Blacks revanchards, mais je sais pas, peut être qu'à force de répéter qu'on la tient cette victoire, on va finir par y croire. C'est un peu comme Trinh-Duc, à force de le mettre sur le terrain, les gens vont s'habituer et ne plus rien dire. Il a d'ailleurs réussi à rééditer sa performance du dernier Tournoi contre l'Italie: il a fait n'importe quoi tout le match, il a essayé avec insistance de tuer son second centre et les mouettes néo-zélandaises, mais au final tout le monde retiendra qu'il a planté un essai magnifique. Quand je fais jouer Beauxis, c'est un peu pareil, sauf qu'au final ce qu'on retient c'est des drop de 60m. Je préfère les essais quand même.

Au début, j'avoue que je le sentais mal quand même. Bizarrement, surtout à 17-3. Je pensais qu'ils étaient entrain de narguer: Nonu qui mime à la perfection le match de Bastareaud contre Perpignan en demi-finale du Top 14. Les 5 Blacks qui semblaient scander "Nous sommes tous des Aurélien Rougerie" sur l'essai de Françou. Ca sentait la mauvaise blague, le réveil en seconde mi-temps et la fessée. Mais en fait nan, ils étaient vraiment mauvais, les remplaçants Kiwis. Comme quoi, le vivier inépuisable de joueurs de la Nouvelle-Zélande, c'est un peu comme le jeu à la toulousaine, une légende urbaine. Vous allez me dire je suis dur, surtout quand on voit le match que Médard a fait. Sauf que Médard, il est pas toulousain, c'est juste la réincarnation de JPR Williams. Poitrenaud peut pas rivaliser: au mieux, lui, c'est Casper le petit fantôme. Médard, c'est mon titulaire pour les 10 prochaines années. Bon après attention, j'avais dit la même chose sur Beauxis... y'a que les cons qui changent pas d'avis. Si ça m'arrive à nouveau, je le ferai savoir par voie de presse, comme à mon habitude, puis j'enverrais un petit SMS derrière pour adoucir le message. Jusque là cette méthode m'a portée chance, je vous la conseille pour vos ruptures sentimentales.

Dans les autres satisfactions, il y a Thierry Dusautoir, bien sur, Servat, Picamoles, Ouedraogo, Traille... mais bon, ça c'est habituel. Ce qui m'a le plus surpris, c'est la deuxième ligne. En alignant deux spécialistes du poste, je me suis dis, je sais pas, ça va pas être complémentaire. Puis en fait, si, même que ça marche mieux qu'avec des 3ème lignes. Du coup je vais peut être retenter le coup et laisser Martin en tribunes, histoire qu'il surveille la copine de Dupuy - ils pourront parler teinture ensemble tiens. Parce que ce que vous avez pas vu, c'est que sur l'essai de Messam, Dupuy la regardait, entrain de se faire draguer par Yachvili et ce moment d'inattention à profité à l'ailier Black. Tu parles des bienfaits de la compétition, ils commence un peu à me saouler ces deux là. Mais bon, faut reconnaître qu'à part ça, Dupuy a été excellent. On dit souvent que les 9 sont de sales petits emmerdeurs, et bien c'est vrai. J'ai l'air malin moi, avec Dupuy, Parra, Yachvili, Thomas, Elissalde, Tillous-Bordes, Michalak sur les bras... qui choisir ? Heureuseument, Dupuy a signé au Stade Français. Il devrait être blessé la plupart du temps, ça en fera un de moins.

Bon, le tout est maintenant de pas s'enflammer et de pas se chier dessus au prochain match, comme après le Pays de Galles. En gros, nous allons essayer d'oublier que nous sommes français. C'est facile pour l'Equipe de France de foot, vu qu'ils sont hué même à domicile et qu'ils ne connaissent pas les paroles de la Marseillaise, mais pour nous les rugbymen c'est plus compliqué quand même. Allez, au boulot.

jeudi 11 juin 2009

Sacrifices humains en Nouvelle-Zélande: 15 morts


Voilà, j'ai donné mon XV à la presse. Vous en pensez quoi ? Non je déconne, je vais pas commencer à faire gaffe aux avis des mecs d'internet.

J'ai donc fait confiance à mon petit Françou que j'ai titularisé à l'ouverture. J'ai longuement hésité. Non pas entre lui et Lionel Beauxis, mais entre lui et la copine de Julien Dupuy. Ce dernier avait fait le forcing pour la faire jouer à ses cotés, arguant qu'il aurait sûrement plus ses repères ainsi et qu'il préférait pour sa première sélection. J'avoue que j'ai été tenté, après tout ça me ferait une excuse toute faite pour justifier une éventuelle. Mais je ne voulais pas de sa mort sur ma conscience, déjà que j'ai à gérer celle de la carrière de Julien Brugnaut. Mais si, vous savez, le mec de Dax. J'ai donc suivi ma pensée première avec Trinh-Duc. Non sans prendre de précautions. Titulariser François Trinh-Duc à l'ouverture, c'est un peu comme organiser un déplacement de Nicolas Sarkozy. Non vous inquiétez pas, je ne vais pas faire vider le stade et mettre des mannequins en plastique dans les tribunes... mais j'ai quand même mis le paquet sur les agents de sécurité: Dupuy, Traille, Heymans, Médard. Si avec cette artillerie, Françou me tente un seul coup de pompe dans le match, c'est vraiment qu'il a envie de me faire chier. En fait j'avais le choix entre prendre un ouvreur créatif et l'entourer de bourrins, et prendre un ouvreur autiste et l'entourer de créateurs: dans les deux cas, c'était bancal. Alors j'ai suivi mon instinct avec Françou, parce que je crois en lui. 

Pourquoi me diront certains, qui voient en lui un Michalak en moins bien ? Et ben déjà, parce que Trinh-Duc c'est le mien, pas le fruit d'une union contre nature entre Guy Novès et Bernard Laporte. C'est pareil, à choisir entre Ouedraogo et Nyanga: j'ai ma fierté quand même. Ensuite, il est plus jeune, donc il peut progresser. Faire jouer des gamins en couche-culottes comme Parra et Trinh-Duc, c'est aussi mon assurance pour être reconduit en 2011. La génération que j'ai lancé n'arrivera réellement à maturité que pour la Coupe du Monde 2015, et il n'y aura pas mieux placé que moi pour les y emmener. Héhé, non seulement je suis déjà 100 fois supérieur à Laporte en entraîneur de l'Equipe de France, mais en plus je connais déjà mieux les rouages de la politique que lui. 

Pour le reste, j'ai également choisi de mettre Bastareaud, histoire qu'il joue en face de Nonu. Je lui ai dit à l'entraînement : "Tu vois, lui et toi, c'est pareil. Sauf que lui il court vite, qu'il lâche pas la balle à l'impact et qu'il sait faire des passes. Observe et apprend". Je sais pas si il l'a très bien pris, c'est peut être vrai que je manque de tact parfois. Je lui ai aussi dit que là bas, personne ne le connaissait, alors qu'il pouvait profiter de l'effet de surprise pour nous faire le remake de Chabal vs Masoe 2007. J'ai précisé qu'il fallait en profiter parce que bientôt, tout le monde aura pigé comment il défend et comment l'éviter, un peu comme Perpignan contre qui il s'est fait avoir comme un imbécile en demi-finale. Il a commencé à me regarder méchamment et à grogner, alors je lui ai balancé que là bas, Arias était entrain de discuter avec Clerc et Médard, et que peut être ils étaient entrain de le convaincre de signer au Stade Toulousain. Il est parti au quart de tour. Il est crédule quand même. 

Un autre de mes choix marquants, c'est la titularisation de Vincent Clerc. Le même qui il y a 3-4 mois encore, était un sérieux prétendant pour le Tournoi des 6 Nations handisport. En même temps je fais quoi ? C'est les All Blacks, y'a un minimum de respect à avoir, je vais pas leur envoyer Palisson ou Arias. Si c'est pour se prendre un Kapa O Pongo avant le match, non merci, les joueurs ont déjà assez la trouille comme ça.

Honnêtement, je ne sais pas trop quoi attendre de ce match, et à deux jours de l'échéance de toute façon on peut plus bosser grand chose. Maintenant, il s'agit de soigner le seul truc qui nous restera en cas de branlée: l'élégance française. Nous avons accompli un grand pas hier en convaincant Julien Dupuy de se couper les cheveux. Deuxième étape: me trouver un costume pour samedi.

mardi 9 juin 2009

Smells like fighting spirit


La nuit dernière, j'ai fait un rêve étrange.

J'étais dans un marécage, un lieu que je n'avais jamais vu auparavant, vaporeux, désert et inquiétant. Mais je n'étais pas seul. Un vieil homme grisonnant, étrangement translucide, était à mes cotés, j'ai eu du mal à le reconnaître au début mais c'était Jean Claude Skrela. Puis un peu plus loin, il y avait une sorte de vaisseau spatial en forme de coq. Un homme se dirigeait vers l'engin: c'était Morgan Parra, vêtu d'une combinaison jaune du plus mauvais goût et d'un gros casque bleu en caoutchouc. Mais le pire dans tout ce bordel, c'était moi. Je faisais 1m10, tout recroquevillé, avec une béquille, la peau verte et de grandes oreilles poilues. Alors que je me demandais qu'est-ce que c'était que cette connerie, Skrela interpella Parra.

JC Skrela: Morgan ! Tu ne peux pas partir, tu n'es pas encore prêt.

Parra: Je dois y aller ! J'attends depuis trop longtemps.

JC Skrela: Non ! Tu n'es PAS prêt !

Parra: Peut être... mais je n'ai pas peur de la défaite !

JC Skrela: Tu en auras peur, tu en auras peur...

Puis c'est moi qui me suis mis à parler.

Lièvremont: Morgan, si à Clermont tu vas, tout ce que nous t'avons appris ne servira à rien. Tu ne trouveras là bas que défaite, désillusion, et échec. Là bas, ce n'est pas le coté obscur qui règne. C'est quelque chose de pire encore, quelque chose d'inexplicable...

Parra: Je m'en moque ! J'ai des amis là bas, Bonnaire, Malzieu, Rougerie, et ce petit droïde en forme de tonneau, Domingo... ces gens ont besoin de moi ! Ils souffrent depuis trop longtemps.

Lièvremont: Jeune padawan, si à Clermont tu vas, comme Pierre Mignoni tu finiras. Avant, c'était un apprenti très doué, très prometteur. Mais une fois à Clermont, perdu la tête il a. Désormais il vit dans un endroit très peu recommandable de la galaxie, où les gens sont complètement fous, et chaque nuit il fait des cauchemards mettant en scène Agustin Pichot.

Parra: J'ai pris ma décision. Je pars.

Alors Morgan Parra s'envola dans son engin futuriste, nous laissant là tous les deux, comme des cons j'ai envie de dire. Puis Skrela brisa le silence avec une phrase pour faire un peu classe.

JC Skrela: Il était notre dernier espoir...

Lièvremont: Non.... il y en a un autre..

JC Skrela: Oui... oui c'est vrai... à ce sujet, j'aimerais te parler de...

Lièvremont: Oui... sa petite soeur, la princesse Trinh-Duc. Puissant est la force en lui. Parra-Trinh-Duc, voilà la charnière qu'il nous faut pour aller défier les chevaliers noirs des Sith, dans la galaxie du long nuage blanc.

JC Skrela: Euh... nan en fait, mmh, je pensais à mon fiston, David... c'est un padawan très doué tu sais...

Lièvremont: Un padawan de 30 ans ? Je préfère encore Box-6, ce padawan hybride moitié droïde, moitié lémurien. Si c'est pour se trimballer un gars certes doué, mais qui dès qu'il y a un peu de pression se fait couper un bras...

JC Skrela: T'es un peu dur... puis il est du genre à se bonifier avec le temps...

Lièvremont: Désolé Jean Claude, t'as peut être réussi à refiler Junior au vieux Jedi fou Novès, mais avec moi ça marche pas...

Je me suis réveillé, en sueur, à ce moment là. Je n'ai pas eu de mal à interpreter ce rêve: en effet, le transfert de Morgan Parra à Clermont m'angoissait beaucoup. Le petit Morgan, c'est mon garçon, mon homme de confiance, mon futur capitaine, je crois en lui. Et il va s'enterrer à Clermont-Ferrand. Vous croyez que j'éxagère, mais entre les renégats qui veulent plus sortir de chez eux, et Domingo qui a débarqué de l'avion comme un Bibendum Michelin tout dégonflé, je me demande ce que je vais en faire de ces gars. Bon heureusement, il me reste Françou. Vu son profil d'ouvreur fou-fou avec un jeu au pied de poussin asmathique, j'avais peur que Novès me le prenne et me le casse comme il a fait à Michalak. Quoique. Généralement, Novès quand il va chercher un plouc au fin fond de la France, il réussit à en faire une star. C'est les joueurs formés à la maison qu'il démolit. J'ai d'ailleurs essayé de convaincre Médard de se barrer avant que ça tourne comme pour Jeanjean et Poitrenaud. Mais j'ai eu un choix de mots malheureux en lui disant "Tu vas pas passer ta carrière à Toulouse... faut pas pousser." Du coup, il s'est cassé et le midi à la cantine il a fini l'assiette de Marconnet. La 3ème. Si ça continue comme ça on aura plus aucun joueur sous les 20 secondes au 100m.  

Malgré tout, je reste confiant. Les All Blacks sont décimés, et en plus j'ai vu le Super 14 et excusez moi de le dire, c'est que de la frime. Ok, leurs piliers courent plus vite qu'Husein Bolt, un mec est capable de faire une passe après-contact alors qu'il se prend un plaquage cathédrale par deux joueurs, mais à ce niveau là ça ressemble plus à du rugby à XIII qu'autre chose. Ils vont plus rien comprendre quand ils vont se prendre des doigts dans les yeux et des talonnages à la main dans les rucks. Surtout que McCaw sera plus là pour rivaliser dans le domaine. Pour un peu qu'on ait un incompétent éfféminé au sifflet comme Wayne Barnes, on leur refait Cardiff aux tout noirs. Excusez moi si j'y vais un peu fort, mais la victoire de l'USAP a ravivé mon esprit guérrier.

Cela dit le plus dur reste à faire: communiquer cet esprit à une bande de joueurs léssivés, démoralisés et pour une minorité, suicidaires. Entre nous, je ne suis pas loin de faire une grosse bêtise: appeler Yannick Noah.